Logo BL'A Braine l'Alleud Académie de musique
 

Projet pédagogique

Projet pédagogique et artistique de l'Académie de Musique

de Braine-l’Alleud " Yolande Uyttenhove " 2016-2021

1. Définition du projet

Le projet pédagogique et artistique d'établissement définit l'ensemble des choix pédagogiques et artistiques et des actions concrètes particulières que l'équipe éducative de l'établissement entend mettre en œuvre en collaboration avec l'ensemble des acteurs et partenaires pour réaliser les projets éducatif et pédagogique du pouvoir organisateur. Il est un outil pour remplir les objectifs du décret organisant l'enseignement secondaire artistique à horaire réduit ainsi que pour atteindre les compétences requises.

Le projet d 'établissement est élaboré en tenant compte :

1° des élèves inscrits dans l'établissement, de leurs caractéristiques tant culturelles que sociales, de leurs besoins et de leurs ressources dans les processus d'acquisition des compétences et savoirs;

2° des aspirations des élèves et de leurs parents en matière de formation artistique, projet de vie professionnelle et de poursuite des études;

3° de l'environnement social, culturel et économique de l'établissement;

4° de l'environnement naturel, du quartier, de la ville, du village dans lesquels l'établissement est implanté.

2. Situation de l’établissement

Braine-l'Alleud se situe dans la vallée du Hain. Elle regroupe les entités de Braine-l'Alleud, Ophain-Bois-Seigneur-Isaac et Lillois-Witterzée. Elle a su conserver son caractère rural tout en répondant à une évolution démographique forte qui de 1990 à 2015 a fait progresser le nombre de Brabançons de près d'un quart. Elle fait partie aujourd'hui des communes les plus peuplées du Brabant wallon. En se trouvant dans une zone qui est bien connectée à Bruxelles, distante d'une vingtaine de kilomètres, grâce aux réseaux autoroutier et ferroviaire existants, les habitants de Braine-l'Alleud ont, s'ils le désirent, un accès aisé aux salles de concert, théâtres et musées de la capitale, cœur de l'Union Européenne..

Braine-l'Alleud connaît une dynamique forte liée à sa proximité avec la Région bruxelloise. Plus de 500 PME et PMI s'y sont installées. L'hôpital de Braine-l'Alleud constitue un centre médico-chirurgical de pointe. Le centre-ville vibre à travers l'École des Arts, l'Académie de Musique, le Centre Culturel, la Bibliothèque communale ainsi que la Galerie 360° qui accueillent chaque année de nombreux élèves et visiteurs.

Si l'on considère le fait que sur la majorité du territoire du Brabant wallon, on trouve une population à revenus plus élevés que dans le reste de la Wallonie et que la part des diplômés dans le supérieur y est également plus importante que la moyenne wallonne, il n'est pas surprenant d'observer que certains élèves qui fréquentent l'Académie de Musique à Braine-l'Alleud ont un bagage culturel conséquent lorsqu'ils commencent leurs études à l'Académie. D’autres élèves ont parfois besoin d'un soutien plus important. Cette diversité fait la richesse de Braine-l’Alleud et permet un échange particulièrement riche et motivant entre les élèves et leurs professeurs. Notre finalité a en effet toujours été de préparer les élèves à devenir des citoyens responsables dans une société démocratique, pluraliste et ouverte aux autres en leur donnant les outils pour participer pleinement à la vie culturelle dans la société de demain.

3. FINALITES

Les finalités principales de notre enseignement consistent à:

3.1. Concourir à l'épanouissement des élèves en promouvant une culture artistique par l'apprentissage des divers langages et pratiques artistiques

Au cours de ses études à l'Académie de Musique, l'élève est invité à venir voir, écouter ou participer à de nombreux concerts, auditions de classe, spectacles théâtraux ou pluridisciplinaires. Ceux-ci peuvent être organisés soit par l'Académie-même qui fait appel au talent de ses élèves et de ses professeurs soit par l'amicale de l'Académie, l'ASBL "Les Mercredis de la Musique", qui peut inviter des artistes extérieurs. Lorsque l'élève participe activement aux manifestations artistiques, il est amené à faire partie de formations de plus en plus complexes et diversifiées allant, pour le domaine de la musique, du second instrument accompagnateur aux différents ensembles instrumentaux et vocaux, aux formations de musique de chambre et à celle de l'orchestre symphonique. Dans le domaine des arts de la parole, l'élève se verra confronté à une mise en scène de plus en plus élaborée qui aboutira, grâce à l'interdisciplinarité pratiquée à l'Académie de Musique, à l'intégration de l'élève dans un spectacle total mêlant les spécificités des domaines de musique, des arts de la parole, de danse avec celles pratiquées à l'Ecole des Arts. On n’oubliera pas d’aborder également la spécificité des langages qui vont de la musique baroque à la musique actuelle.

3.2. Permettre aux élèves d'atteindre une autonomie artistique suscitant une faculté créatrice personnelle et leur offrir un enseignement les préparant à rencontrer les exigences requises pour accéder à l'enseignement artistique de niveau supérieur.

3.2.1. L'initiation à la musique et aux arts de la parole

Contrairement à certains pays voisins, l’enseignement général en Belgique ne propose pas de donner aux élèves une éducation artistique systématique et soutenue dans les classes maternelles et primaires. Il en résulte que bon nombre d’enfants ne peuvent ressentir le besoin de fréquenter une Académie de Musique et des Arts de la Parole que si leur entourage familial les y encourage. Pour remédier à cette situation, de nombreuses académies ont décidé de ne pas se limiter à former des élèves mais également de les initier.

L’Académie de Braine-l’Alleud a compris l’importance du rôle qu’elle avait à jouer en ce qui concerne l’initiation des jeunes générations. Soutenue par l’Echevinat de l’Enseignement artistique de la Commune, elle consacre une partie non négligeable de ses ressources à initier les enfants qui fréquentent les classes maternelles et primaires de l’enseignement général, et ce tous réseaux confondus.

Les professeurs de l’Académie se déplacent sur tout le territoire de la Commune de Braine-l’Alleud pour donner leur cours dans les différentes écoles juste après la fin des cours du jour. Il s’agit, en ce qui concerne le domaine de la Musique, de cours préparatoires en formation musicale, donnés pour les 5-6 ans à raison d’une période/semaine et de cours de formation en formation musicale donnés à raison de deux périodes/semaine dans les différentes écoles, toujours après la fin des cours du jour et qui s’adressent aux élèves âgés de 7 ans et plus. Après avoir terminé une première année de formation, et grâce au contact humain personnel qui se sera installé avec son professeur, l’enfant pourra ainsi plus aisément reconnaître son propre désir de perfectionner les connaissances qu’il aura acquises et amènera ainsi, si besoin était, son entourage familial à reconnaître également cette envie et à y souscrire. Il pourra ainsi avoir l’opportunité de continuer sa formation à l’Académie.

En ce qui concerne le domaine des Arts de la Parole, un cours de pluridisciplinaire est proposé aux élèves à partir de l’âge de 10 ans à raison de deux périodes/semaine toujours après la fin des cours du jour dans les différents établissements, tous réseaux confondus. Ce même cours est ensuite proposé aux élèves à l’Académie. Une telle structure permet ainsi à l’enfant qui a terminé ses études dans son établissement de poursuivre ses cours à l’Académie. Le fait que le même professeur donne à la fois les deux cours sus-nommés ne peut que favoriser le passage de l’élève à un engagement plus profond au sein de l’Académie.

3.2.2. Formation de l’élève

a) La distinction entre les filières de qualification et de transition

Le premier écueil que nous devons éviter est bien entendu celui de l’amalgame de tous les élèves. Les statistiques montrent que moins de 2 % des élèves d’académie entrent dans une école supérieure artistique. Et cependant c’est en fonction de ces élèves-là que beaucoup d’académies, établissaient jadis leur programme de cours, décourageant ainsi une quantité énorme d’élèves au profit d’un petit nombre extrêmement limité.

Le but que nous nous proposons d’atteindre est tout autre : au lieu d’égarer la plupart des élèves en leur faisant miroiter des rêves inaccessibles pour beaucoup d’entre eux, nous nous mettons à leur écoute, nous les encourageons à développer leur plein potentiel et leur créativité. Nous leur permettons ainsi grâce à la musique d’avoir une vie émotionnelle enrichissante et contribuons ainsi à leur bien-être.

Que l’on ne se méprenne pas. Il ne s’agit ici de faire revivre le mouvement anti-autoritaire d’Alexandre Sutherland Neill (Ecole Summerhill). Contrairement à ce que prétendait Neill, le rôle du professeur est essentiel pour aider l’élève dans ce travail de libération de soi et de maîtrise. Il ne s’agit pas d’abandonner l’élève à lui-même, mais plutôt de restructurer l’ensemble des cours pour que chacun puisse trouver à l’Académie matière à son épanouissement personnel et à sa créativité.

Deux filières bien distinctes se présentent donc à l’élève qui a terminé la filière de formation, une filière de qualification où chacun pourra s’épanouir dans le cadre de structures bien précises et une filière de transition destinée aux élèves désirant entrer dans une école supérieure artistique ou acquérir le niveau pour le faire.

b) Les cours collectifs et semi-collectifs

Les récentes découvertes de la psychologie de l’éducation montrent que le développement de l’enfant est influencé principalement d’une part par son capital génétique et d’autre part par l’influence des camarades de classe (selon la psychologue J. Harris[1]). Les parents n’auraient que peu d’influence réelle sur l’éducation de leurs enfants : ce qui conviendrait à un enfant, pourrait très bien être accepté par lui, tandis que la même obligation donnée à son frère ou à sa sœur pourrait se révéler décevante. L’influence du groupe d’enfants du même âge (peer group) serait, par contre, déterminante.

Il n’y a rien de plus désolant pour un enfant ou un adolescent que de se sentir rejeté, exclu du groupe. Beaucoup d’enfants ont abandonné la pratique de la musique parce qu’ils se sentaient repoussés de ce fait par leurs pairs.

Il nous est donc apparu impératif de recréer à l’Académie de Musique ce sentiment sécurisant d’appartenir à un groupe, notamment en formation instrumentale, en obligeant l’élève qui a terminé le cursus de formation musicale soit à fréquenter le cours d’ensemble instrumental / musique de chambre, soit à faire partie d’un ensemble de classe (là où l’horaire du professeur le permet), soit à fréquenter le cours de chant d’ensemble. Les groupes ainsi formés exercent une influence bénéfique sur les élèves en leur donnant un même but, en les faisant participer en commun à des manifestations, en leur donnant la fierté d’appartenir à tel ou tel groupe d’instrumentistes, en créant une cohésion sociale et en les incitant à travailler davantage leur instrument.

Les cours collectifs et semi-collectifs remplacent les cours individuels dans tous les cours en filière de formation et de qualification, ce qui change radicalement l’approche pédagogique des cours notamment de formation instrumentale. Pour pouvoir mener à bien une pédagogie de cours collectifs ou semi-collectifs efficace, il est évidemment nécessaire que le professeur regroupe, dans la mesure du possible, ses élèves par année d’études. Il travaillera avec ses élèves soit simultanément (en duo, trio, etc...), soit alternativement en choisissant des morceaux ou études de difficultés stylistiques ou techniques compatibles. Il ne s’agit plus ici d’un rapport conventionnel maître-élève, mais bien d’un rapport qui permet une plus grande interactivité : l’élève découvre son instrument avec la complicité de son professeur. Celui qui ne joue pas, participe autant à la leçon que celui qui joue. Le professeur, quant à lui, incite les parties en présence à l’écoute critique et à la réflexion.

Dans le domaine des Arts de la Parole, le travail de groupe a toujours été d’une importance primordiale. Son approche, plus immédiate que dans le domaine de la Musique, permet d’arracher certains adolescents à des dérives importantes par un travail sur soi assez conséquent. La création de l’atelier d’art dramatique ne fait qu’amplifier ce phénomène, en permettant un plus grand travail de cohésion entre leurs élèves et ceux des autres domaines de Musique et de Danse.

c) Exigences générales

Ø La maîtrise gestuelle et/ou respiratoire

Que ce soit dans le domaine de la Musique ou des Arts de la Parole, la maîtrise gestuelle et/ou respiratoire tout comme la maîtrise corporelle et vocale est indispensable.

En musique, la position correcte du corps et des différentes parties du corps, la tenue correcte de l’instrument (en ce compris l’archet) permettront d’avoir l’assise nécessaire pour une bonne maîtrise technique. A cela il faut ajouter également les mouvements contrôlés du corps : la coordination et l’indépendance des mains, la maîtrise de la respiration et la gestion du souffle.

Lorsqu’on arrivera en qualification ou en transition, la maîtrise des attaques, de la respiration, du souffle, des coups d’archet, sera de plus en plus grande tout en gardant la plus totale décontraction.

Dans les Arts de la Parole, l’élève prendra conscience par le rapport qu’il doit entretenir avec le public et ses partenaires, de la nécessité absolue d’un travail qui doit être fait sur le corps, la voix, la respiration et la parole.

En filière de qualification, l’élève travaillera des textes en exploitant simultanément l’utilisation de la voix, du corps et de l’espace scénique pour faire passer des émotions, des sensations et des idées au service de son interprétation.

Cette maîtrise sera mise en place dès le début des études et sera régulièrement contrôlée. Il n’y a pas de maîtrise technique sans maîtrise corporelle, vocale, gestuelle et/ou respiratoire.

Ø La maîtrise technique

Il ne s’agit pas ici de quelque chose de fastidieux et de contraignant, mais bien d’une libération des possibilités de l’élève en ce qui concerne le chant, le rythme, l’oreille, la lecture de notes ainsi qu’une libération progressive des organes phonateurs.

En musique, il va pouvoir découvrir les articulations, les attaques, les coups d’archets, l’émission du son, la tenue du son, la maîtrise d’archet. Il comprendra l’importance du legato et des différents détachés, du phrasé, de la justesse d’intonation, du vibrato. Il apprendra à maîtriser les respirations, la souplesse et la rapidité des doigts, le jeu de doubles cordes, le contrôle du tempo. En qualification et en transition, il approfondira à l’aide d’exercices appropriés tout ce qu’il a vu en formation. Il aura une connaissance générale du fonctionnement de son instrument (montage, anche, etc…).

Dans les arts de la Parole, il apprendra à utiliser les sources d’expression que sont l’articulation des phonèmes, les rythmes, le débit, les règles de la prose et de la versification. Il découvrira les paramètres vocaux que sont le timbre, le volume, la hauteur et la dynamique, et apprendra à projeter et à moduler la voix.

Ø L’écoute critique

Grâce aux cours collectifs et semi-collectifs, l’élève aura pris l’habitude d’écouter les autres d’une manière critique et constructive.

En musique, il pourra ainsi de lui-même augmenter ses propres exigences en ce qui concerne la qualité de la sonorité, la justesse du son, le respect des nuances et des articulations, le maintien du tempo, le souci de la dynamique et du rythme, la recherche du timbre, la compréhension des phrasés. Cette écoute de soi-même et des autres s’affinera encore en qualification ou en transition.

Dans les arts de la parole, l’élève améliorera sa capacité d’écoute et sa sensibilité grâce à des exercices de relaxation, de concentration et de respect de l’autre qui permettront d’intégrer les différentes personnalités du groupe pour atteindre un objectif commun.

Ø Le répertoire

Le professeur proposera un répertoire aussi large que possible (comprenant également de la musique ancienne, des textes de l’Antiquité, des chansons tirées du répertoire populaire ou des farces, des pièces de jazz, blues, ragtime etc…), adapté bien entendu aux possibilités techniques de l’élève.

En musique plus particulièrement, il abordera lorsque c’est possible, l’étude des traits d’orchestre.

Ø Lecture et déchiffrage

En musique, l’apprentissage du déchiffrage se fera dans les différents cours d’ensemble ainsi qu’au cours d’instrument. En filière de qualification ou transition, la lecture ne deviendra plus un but en soi, mais un moyen de connaissance et d’appréhension de la littérature musicale.

Dans les arts de la parole, la découverte des aspects particuliers de la langue ne se limitera pas au travail du répertoire mais pourra également se faire à travers la lecture de formes d’écriture variée (poèmes, textes en prose, descriptions, discours, contes, monologues, chansons).

Ø Connaissance forme-style

Le professeur expliquera au fur et à mesure des textes étudiés la phrase musicale, les cadences, les formes, la construction de l’œuvre, les différents styles, les niveaux de langue, le rythme spécifique de la versification. Un apprentissage plus approfondi et systématique des différentes périodes de la renaissance, du baroque, classique, romantique, moderne et contemporain sera abordé à partir de la filière de qualification ou transition.

4. COMPETENCES REQUISES

4.1. L’AUTONOMIE

Puisque nous mettons l’accent sur le bien-être de l’élève, nous nous refusons à le considérer comme un assisté. Nous n’exigerons donc de lui aucun travail répétitif et abrutissant, mais au contraire, nous nous efforcerons de le rendre le plus possible autonome. Nous l’aiderons donc à faire la distinction entre « jouer » et « travailler » son instrument. Nous l’aiderons par exemple, à établir une méthode de travail qui lui permette, une fois chez lui, d’assimiler un morceau en répétant d’une manière fructueuse les passages difficiles jusqu’à leur assimilation. Nous lui apprendrons à s’accorder seul, à être exigent vis-à-vis de lui-même quant à la propreté et à la qualité du son, à être capable de repérer ses fautes et de les corriger, à organiser son travail de mémoire bref à utiliser au mieux le temps qu’il consacrera chaque jour à l’étude de son instrument.

Bien sûr, notre travail ne s’arrête pas là. Nous devons l’aider à avoir suffisamment confiance en ses capacités pour qu’il ait envie de fréquenter dans la Commune des groupes instrumentaux autres que ceux de l’Académie (orchestres d’amateurs, harmonies, fanfares etc…). Il s’agira à ce moment-là de lui apprendre à s’accorder, à repérer les difficultés de morceaux qu’on pourrait lui présenter (mesure, tonalité, termes musicaux, reprises etc…) et à lui apprendre à se servir en toutes circonstances des connaissances qu’il aura acquises en classe.

Dans le domaine des arts de la parole, l’élève apprendra à développer l’expression de ses goûts personnels et de sa sensibilité en réalisant lui-même son propre spectacle. Pour ce faire, il parcourra toutes les étapes qui en composent l’élaboration allant du choix d’un thème et de textes appropriés, à la mise en scène, en passant par le choix des musiques, des accessoires et des éléments du décor.

4.2. L’INTELLIGENCE ARTISTIQUE

Nous savons aujourd’hui qu’il n’existe pas un type unique d’intelligence : celle-ci peut se manifester sous différentes formes. Il existe en effet par exemple une intelligence linguistique, logico-mathématique, spatiale, physique-kinesthésique, interindividuelle, introspective et également artistique. Cette liste n’est pas exhaustive.

L’intelligence artistique permet à la fois de comprendre le sens musical d’un morceau, la poésie ou le rythme d’un texte, mais également de faire ressentir une émotion intérieure. Il y est question de sensibilité, de sens de l’écoute et de compréhension analytique d’une œuvre.

En musique, le professeur s’efforcera d’éveiller l’intelligence artistique de l’enfant en attirant son attention sur certaines notions de base : le caractère du morceau, les nuances, les phrasés, les tempi, la place des respirations, les accents, le style etc… Tout en laissant l’élève s’exprimer librement, il fera appel à son intuition, à son sens inné de la beauté du son, du rythme, de la mélodie. Il l’aidera à mieux écouter son, sa ou ses partenaires. Il l’incitera à aller au concert, au théâtre, à écouter des disques, à s’ouvrir au monde.

Dans les arts de la parole, le professeur aidera l’élève à projeter et à moduler la voix en cherchant des inflexions en adéquation avec son interprétation, à avoir une gestuelle porteuse de sens, à exprimer les émotions d’un personnage, à rendre les idées d’un auteur et à donner une interprétation précise, pertinente, nuancée et engagée du texte.

4.3. L’APPRENTISSAGE DE LA TECHNIQUE

Pour pouvoir exprimer son intelligence artistique, il est indispensable d’avoir les compétences techniques adéquates. Ces compétences ne s’acquièrent que par un travail intelligent et systématique : il s’agit de respecter les notes, les nuances, l’équilibre des voix, la régularité des traits, l’intonation, la sonorité, une prononciation et une articulation soignées, un débit adéquat, une gestuelle adaptée, et bien d’autres choses encore. Le professeur donnera à l’élève dès qu’il le pourra, une méthode d’apprentissage qui lui permettra de maîtriser progressivement et sans être rebuté la technique de son instrument. Il l’aidera également à développer une méthode appropriée de mémorisation et une meilleure gestion du stress.

4.4. LA CREATIVITE

Nous avons décidé d’accorder une place importante à la créativité. Il peut s’avérer en effet extrêmement frustrant pour l’élève créatif d’avoir à se contenter de reproduire les œuvres des anciens.

En musique, le professeur incitera donc ses élèves à compléter des partitions inachevées, à improviser sur une mélodie ou un accompagnement, à créer une ambiance ou à composer une œuvre personnelle. Grâce à ce travail créatif, l’élève pourra appréhender d’une manière plus tangible la richesse de notre littérature musicale et ainsi mieux l’interpréter.

Dans le domaine des arts de la parole, le professeur aidera l’élève à favoriser la parole spontanée lors d’improvisations autour d’une thématique donnée, à utiliser les éléments d’un schéma narratif donné ou choisi pour construire une histoire et à tirer parti de son imaginaire.


5. COMMUNICATION

Nous prenons très à cœur la manière selon laquelle se fait la communication entre les élèves, les parents et les membres du personnel directeur, enseignant ou du personnel auxiliaire d’éducation. Celle-ci est essentielle pour le bon déroulement des cours à l’Académie et leur suivi à la maison.

Pour ce faire, nous mettons chaque année à la disposition des élèves et des parents, le Règlement d’Ordre Intérieur de l’Académie de Musique et dans le Domaine musique, un journal de classe et un bulletin par discipline enseignée.

Le Règlement d’Ordre Intérieur fixe les règles indispensables qui permettent une relation harmonieuse entre les élèves, les parents et l’Académie.

Le journal de classe permet d’assurer le suivi des cours de semaine en semaine. Il établit une communication continue entre les professeurs, les élèves et leurs parents.

Le bulletin, quant à lui, permet au professeur de donner aux élèves et à leurs parents, à différents moments de l’année, une indication très précise des progrès effectués.

6. CONCLUSION

Nous nous sommes attachés dans ce projet à proposer des pistes qui nous l’espérons, contribueront à mieux développer le potentiel artistique de nos élèves et à les inscrire de manière durable dans les activités musicales et celles des Arts de la Parole de la Commune.

Notre projet d’école s’inscrit dans la réalité du présent, sans nous jeter inconsidérément et prématurément dans un futur hypothétique. Il ne fait bien sûr aucun doute qu’en ce qui concerne l’enseignement musical et celui des Arts de la Parole, bien d’autres changements interviendront encore dans les années à venir.

Nous sommes très conscients que, dans un futur proche, les progrès technologiques, notamment informatiques bouleverseront totalement nos méthodes d’enseignement. Nous serons au rendez-vous.

***


[1] Judith Rich Harris : « The Nurture Assumption », Free Press, New York, 464 pages